A L'ATTENTION DES MÉDECINS ET PRATICIENS DE SANTÉ

Information sur un nouveau handicap environnemental et demande de soutien moral

Madame, Monsieur,
Je suis vice-présidente de l'association Une terre pour les EHS qui œuvre à la reconnaissance du Syndrome d'intolérance aux Champs ElectroMagnétiques (SICEM) aussi appelé électrohypersensibilité (EHS). Créée il y a trois mois, notre association compte déjà plus de 400 membres et tente de peser sur les pouvoirs publics pour mettre en place des lieux refuges pour les personnes qui souffrent des champs électromagnétiques artificiels et qui ne peuvent plus vivre dans un environnement normal, car les micro-ondes pulsées ont envahi notre vie quotidienne à travers les télécommunications sans fil. Moi-même j'ai dû quitter mes activités et mon logement.
L'EHS a été mise en évidence de manière formelle par le Professeur d'Oncologie Dominique Belpomme grâce à la technique de l'encéphaloscan et plusieurs marqueurs biologiques spécifiques. Je vous invite à vous rendre sur le site de l'association pour la recherche anti-cancéreuse si vous souhaitez en savoir plus.
La toxicité des télécommunications sans fil est régulièrement mise ne évidence par des chercheurs dans le monde entier, mais les lobbies industriels sont très puissants, notamment sur le plan médiatique, et très peu d'informations filtrent (voir article récent ci-dessous). Au lendemain de la classification du téléphone portable dans la catégorie 2B ("cancérogène possible") par l'OMS  et de la recommandation par le Conseil de l'Europe de créer des zones blanches pour protéger les personnes électrohypersensibles, notre association est déjà soutenue par les professeurs Adlkofer (coordinateur de l'étude européenne Reflex), Havas (université de Trent, Canada, qui a mis en évidence les troubles cardiaques générés par les micro-ondes pulsées), Belpomme, ainsi que par plusieurs médecins généralistes, psychiatres et différents professionnels de santé.
Nous sommes également soutenus par des députés, des sénateurs, des députés européens et des élus de tout bord.
Nous sommes en train de créer un réseau mondial avec des organisations comme la nôtre qui existent partout sur la planète, car la problématique est la même dans tous les pays. (voir liste sur notre blog : http://uneterrepourlesehs.blogspot.com )

Le nombre de personnes électrohypersensibles augmente de jour en jour. La vie de ces personnes devient un cauchemar. Souffrant de maux de tête très violents, de pertes de la mémoire de fixation, de grande difficultés de concentration, de troubles de l'humeur, de troubles cardiaques... beaucoup doivent quitter leur travail, leur famille, leurs amis, leur logement ... Et cherchent refuge dans des endroits relativement protégés, ce qui, aujourd'hui, signifie des grottes ou des forêts ! Ces personnes se désocialisent et souffrent doublement : d'abord de voir leur santé se détériorer très gravement, ensuite de n'être pas entendues par la société civile ni le corps médical. Après un parcours du combattant de plusieurs années, épuisées, certaines personnes se découragent et n'ont plus le goût de vivre.

Nous ne pouvons pas laisser souffrir en silence des concitoyens pour le seul confort financier des opérateurs !
Des solutions simples existent mais elles nécessitent une reconnaissance de la problématique par l'Etat.

C'est pourquoi les appels de médecins et de scientifiques se multiplient.

Au cours du Grenelle des Ondes, Madame Roselyne Bachelot, alors ministre de la Santé, avait déclaré qu'il était nécessaire de mettre en place une prise en charge adaptée pour les personnes EHS. Mais depuis, rien n'a été fait.

Madame, Monsieur, nous avons besoin de votre soutien, d'abord pour créer un réseau de praticiens de santé qui puisse soigner les personnes atteintes de ce handicap, ensuite pour nous aider à faire revenir l'Etat sur l'obligation faite aux opérateurs de couvrir le territoire français dans son entier. Le "zéro zone blanche" vers lequel nous avançons à grand pas serait une condamnation pour beaucoup de personnes EHS.

Pour soutenir l'association ou prendre contact avec nous, envoyez simplement un email avec vos coordonnées à uneterrepourlesehs@gmail.com

Merci du fond du cœur.

Marine Richard, vice-présidente de l'association

Une terre pour les EHS
Souvestrière
26410 BOULC

uneterrepourlesehs@gmail.com

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La Gazette de Montpellier 09 06 2011
"Les constructeurs de portable m’ont coupé les crédits parce que mes recherches révélaient un impact sur le cerveau."


Célèbre neurobiologiste montpelliérain, le professeur Alain Privat dénonce les effets nocifs des ondes et la censure des industriels.   Entretien.
"Ce que j’ai vu sous le microscope m’a fait peur." 


Mercredi 18 mai, sur France3 le Montpelliérain Alain Privat tire la sonnette d’alarme dans un passionnant documentaire intitulé "Mauvaises Ondes" (reportage) Ce neurobiologiste réputé est connu pour avoir fait remarcher des souris paralysées en utilisant les cellules nerveuses. Dès 2003, ses recherches sur des rats exposés au téléphone  portable ont mis en évidence des perturbations du cerveau. Retour sur un problème sanitaire controversé qui concerne tous
les Français... et leurs 64 millions de portables. 


La Gazette. Quels sont précisément les impacts du portable sur le cerveau, selon l’expérience que vous avez conduite ?
Professeur Alain Privat. Il s’agit de modifications biochimiques et structurales assez inquiétantes. Permettez-moi d’abord de rappeler les modalités de l’expérience menée au sein de l’Institut des neurosciences de Montpellier (labo Inserm, basé à l’hôpital Saint-Éloi) par six chercheurs. Nous avons exposé douze rats à des ondes électromagnétiques GSM de 900 mégahertz, la fréquence des portables, à 6 watts par kilo, soit un rayonnement trois fois supérieur à la limite légale, pendant quinze minutes. Cela a immédiatement altéré la qualité et la quantité de trois neurotransmetteurs : l’acétylcholine, lié à la motricité, la dopamine, impliquée dans la maladie d’Alzheimer, et l’acide Gaba, qui module l’activité du système nerveux central. Par ailleurs, nous avons observé l’inflammation d’une partie du cerveau, le striatum, ce qui traduit une souffrance du tissu nerveux.


En clair, que peut-on craindre pour l’homme ?
L’expérience ne prouve pas la toxicité de ces ondes pour l’humain, mais débouche sur une forte suspicion. Ce qu’on peut redouter, c’est que l’utilisation intensive et prolongée du téléphone portable favorise la maladie de Parkinson et l’Alzheimer.
L’épilepsie pourrait aussi être encouragée, car elle relève d’une agitation des cellules nerveuses comparable à ce que nous avons vu sous le microscope. Enfin, le neurotransmetteur appelé sérotonine, qui joue un rôle dans le rythme veille-sommeil, est aussi affecté. En revanche, je ne crois pas, comme certains scientifiques, à des risques de tumeurs du cerveau, car elles relèvent de mécanismes différents.


Fort de ces suspicions, vous souhaitiez poursuivre l’étude, mais on vous a coupé les crédits...
Il faut savoir que cette recherche faisait partie, en 2003, du projet COMOBIO (COmmunication MObile BIOlogie), financé moitié-moitié par le gouvernement et les constructeurs de téléphone. Une fois notre expérience finie, j’ai redéposé un dossier pour l’approfondir. Je n’ai pas été retenu. Par la suite, j’ai candidaté en vain auprès d’un groupe d’experts officiels. On n’a jamais répondu à mes demandes d’explication. Mon sentiment, c’est que l’industrie de la téléphonie élimine les études négatives pour des raisons économiques – tout comme l’a vécu également ma collègue montpelliéraine Madeleine Bastide.


C’est peut-être votre étude qui était sujette à caution. Un rat est-il comparable à un humain ? Et n’est- il pas difficile de
conclure sur la base du très fort rayonnement mis en œuvre pendant l’expérience ? C’est vrai, le rat est moins résistant que l’humain. Mais son système nerveux n’est pas tellement éloigné du nôtre. Et c’est avec des expériences sur des souris que nous essayons de faire remarcher des humains paraplégiques. Quant au rayonnement, il était, en effet, de 6 W/kg, alors que les portables tournent autour de 1,5 W/kg. Ces conditions extrêmes permettent de révéler la toxicité. Mais nous souhaitions par la suite reproduire l’expérience à des niveaux plus conformes à la réalité.


Cela signifie-t-il que votre expérience n’est pas vraiment validée ?
Elle a été publiée en 2004 par Neurobiology of Disease, la revue scientifique américaine de référence. Cela vaut validation.  Mais surtout, une autre équipe a fait ce que nous voulions faire : exposer les rats à seulement 1,5 W/kg, 45 minutes par jour, pendant 8 semaines. Cette équipe de Verneuil-en-Halatte (Oise) a publié ses résultats en 2008 et 2010. Ils sont tout à fait comparables aux nôtres.


Pourquoi revenir aujourd’hui sur cette polémique qui met en cause les effets du portable et l’indépendance de la recherche ?
Parce que je viens de prendre ma retraite et que je n’ai plus d’obligation de réserve. Et parce que je souhaite, dans un souci de santé publique, que de vraies recherches sur le portable soient menées avec les images IRM actuelles. Il faut éviter que les chercheurs soient subventionnés par l’industrie. Et que les experts soient juge et partie comme dans l’affaire du Mediator.


Quels conseils donnez-vous aux accros du portable ?
Utilisez le plus possible l’oreillette pour être moins exposé aux ondes. Et évitez, ou limitez, le portable pour les moins de 15 ans : en cours de construction, le cerveau des enfants est beaucoup plus sensible que le nôtre.


Propos recueillis par Olivier Rioux